« C’est injuste, injuste, injuste », dit Ensama Asfari au Comité de Soutien au Sahara Occidental hier. Lundi, Asfari a été condamné à deux mois de prison pour un abus qu’il aura commis pendant qu’il était attaché à un arbre.
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Cela a été un procès dur pour le militant des droits de l’homme Enaama Asfari lundi. Le juge l’a condamné à deux ans de prison ferme, malgré que les témoins et les preuves ne sont pas cohérents et malgré qu’Asfari a des preuves visibles qu’il a été torturé pendant l’interrogation.
C’était le 13 avril à 22h 30 qu’Asfari a été arrêté après une discussion avec un Marocain dans la rue.
Cinq policiers en civil qui l’avaient suivi pendant des journées, lui ont posé des menottes et bandé les yeux et l’ont emmené dans un lieu inconnu. Là, il a été attaché à un arbre et torturé. Pendant quatre heures.
Finalement il a signé une déclaration sous torture.
Mais la police – et le témoin de la police- ont une autre version de ce qui s’est passé pendant la nuit. Ils disent qu’Asfari a été arrêté quatre heures plus tard – à 2h 45 du matin- après qu’Asfari ait conduit en état d’ivresse, bourré de coups un Marocain et menacé d’un couteau. La police nie de l’avoir exposé à la torture.
C’est qu’il a été accusé d’avoir commis un abus pendant qu’en fait, il était attaché à un arbre.
N’a pas voulu écouter Amnesty International demande une enquête des allégations de torture. Mais pendant le procès lundi, le juge n’a pas voulu écouter quand Asfari a raconté qu’il avait été battu pendant l’interrogation.
« C’est injuste, injuste, injuste », a dit Asfari au Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental lundi soir.
« Quand j’ai parlé de tout ce qui m’etait passé pendant l’arrestation, il a repondu qu’il ne voulait rien savoir là-dessus. Le juge voulait seulement prendre départ dans la déclaration que j’avais signée cette nuit–là , sous torture », a dit Asfari par téléphone.
Asfari a montré ses jambes contuses dans la salle d’audience. Ses avocats, venus de France, avaient signalé tous les paradoxes dans les dépositions de la police, des témoins et de la victime prétendue, sans être écoutés.
La victime prétendue dit qu’Asfari a été arrêté à 1h 45, c’est à dire une heure avant de ce qu’a dit la police.
Le procureur n’a non plus présenté des preuves qui indiqueraient l’existence d’un couteau ou la conduite en état d’ivresse.
Maintenant il a été condamné à deux mois de prison ferme et à une amende de 3000 dirhams marocains.
Quand Asfari parle avec le Comité au téléphone, il y a beaucoup de bruit de fond. Il se trouve dans la même prison où il est depuis une semaine, avec 70 autres prisonniers – tous des criminels ordinaires. Il dit qu’il a des problèmes à dormir et désire être transmis à un autre lieu.
Asfari est juriste, le leader de l’organisation des droits de l’homme CORELSO et habite la France depuis des années. Sa femme est française.
Depuis 1975, trois quarts du territoire du Sahara Occidental sont occupés par le Maroc. Une majorité de la population vit toujours dans des camps de réfugiés en Algérie. Ceux qui sont restés dans leur pays sont victimes de graves exactions de la part de l'occupant marocain. Depuis plus de 40 ans les Sahraouis attendent la mise en oeuvre de leur droit légitime à l'autodétermination.