Jagland va aborder le sujet du Sahara au cours de sa visite au Maroc
Au cours des cinq jours de la visite officielle, le Président du parlement norvégien Thorbjørn Jagland va discuter des droits humains au Sahara Occidental avec les autorités marocaines. M. Jagland va aussi faire pression sur le Maroc pour qu'une délégation des pays nordiques puisse visiter les territoires occupés, et il considère le CORCAS [Conseil royal marocain pour les affaires sahariennes] contesté comme faisant partie de la stratégie politique d'occupation. Voir article à Verdensmagasinet X.
Pendant plusieurs années, Thorbjørn Jagland a joué un rôle important dans la vie politique norvégienne sur la question de la Palestine. Aujourd'hui il est en visite officielle de cinq jours au Maroc. Au cours des entretiens avec le ministre des Affaires étrangères Mohamed Benaïssa à Rabat demain, M. Jagland abordera la question du conflit moins connu du Sahara Occidental.
-Je me suis occupé de ce conflit depuis longtemps, dit M. Jagland. –Mais le public ne le sait pas, parce que la presse a choisi de s'occuper de conflits plus violents, dit-il.
Outre l'entretien avec M. Benaïssa demain, le Président du parlement va rencontrer plus tard dans la semaine le Premier ministre Driss Jettou. Au cours de ces entretiens il souhaite parler des droits humains du peuple du Sahara Occidental, les Sahraouis.
-Est-ce que vous tirez un parallèle entre la situation des Sahraouis et celle des Palestiniens?
-C'est difficile de faire une comparaison directe entre ces deux conflits. Les deux nations exigent plus d'autonomie, mais les Sahraouis qui habitent dans les camps de réfugiés sont probablement soumis à des conditions plus dures que la plupart des Palestiniens, déclare M. Jagland à Verdensmagasinet X.
Il est fort probable que M. Jagland au cours des entretiens avec les ministres sera informé de la proposition récente du Maroc d'une autonomie partielle pour le Sahara Occidental. Cette proposition n'est toujours pas officielle, mais plusieurs pays sont déjà informés de ses lignes principales. L'initiative, qui sera présentée au Conseil de Sécurité en avril, implique l'annexion du territoire par le Maroc. Avec cela, le Maroc rejette la revendication de l'O.N.U. d'un référendum.
- Une partie de la stratégie politique d'occupation Plus tard dans la semaine, M. Jagland va rencontrer le président du Corcas, "le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes", nommé par le roi du Maroc, Mohamed VI. Le conseil est contesté parce qu'il est considéré comme faisant partie de la stratégie politique d'occupation. M. Jagland se déclare d'accord avec cette critique.
- Quelle est la légitimité d'un tel conseil dans une affaire comme celle-ci ?
- La question de la légitimité est une question de définition. Il est possible que les Sahraouis estiment que le Corcas a un comportement tendancieux, mais de toute façon ce conseil a commencé un processus. Cependant il est clair que le conseil fait partie de la stratégie politique d'occupation, dit M. Jagland.
Dans une autre interview avec la chaîne TV2 Nyhetskanalen plus tard cet après-midi, M. Jagland a ajouté que toute proposition doit être fondée sur le droit international.
Des délégations refoulées Les autorités marocaines ont à deux occasions ces dernières années refusé que des délégations des ambassades des pays nordiques à Rabat visitent les territoires occupés pour rencontrer les représentants des Sahraouis. C'est aussi une question que le Président du parlement souhaite aborder avec les ministres.
-Est-ce que vous allez parler des nombreuses tentatives de la Norvège de former une délégation de l'ambassade pour visiter les territoires occupés et rencontrer des représentants des Sahraouis ?
- Nous travaillons maintenant sur la visite d'une délégation des ambassades des pays nordiques. C'est une question que je vais discuter avec notre ambassadeur à Rabat ce mercredi, déclare M. Jagland à Verdensmagasinet X.
Cinq journalistes norvégiens ont été expulsés du Sahara Occidental et du Maroc après avoir tenté de couvrir l'affaire du Sahara Occidental. Pendant que le Maroc bloque l'accès au Sahara Occidental à plusieurs délégations norvégiennes et à d'autres, Amnesty signale des abus continuels contre la population des territoires occupés.
Per Kristian C. Nielsen est un journaliste norvégien indépendant
Traduit de norvégien par le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental.
Depuis 1975, trois quarts du territoire du Sahara Occidental sont occupés par le Maroc. Une majorité de la population vit toujours dans des camps de réfugiés en Algérie. Ceux qui sont restés dans leur pays sont victimes de graves exactions de la part de l'occupant marocain. Depuis plus de 40 ans les Sahraouis attendent la mise en oeuvre de leur droit légitime à l'autodétermination.